
Paroles Officielles
Retrouvez ici l’intégralité des paroles officielles des morceaux qui composent Les 4 Saisons.
Chaque texte constitue un chapitre du cycle tout en pouvant être lu indépendamment. Entre écriture poétique, mémoire historique, critique sociale, spiritualité et symbolique, les paroles sont les racines à partir desquelles l’univers des 4 Saisons s’est construit, s’est nourri et continue de se déployer.
Hiver - Terre
Colon Nie
Colon Nie est le premier chapitre des 4 Saisons. Ancré dans l’Hiver et l’élément Terre, le texte ouvre le cycle depuis les profondeurs d’un monde figé par la colonisation, la prédation et les récits imposés. Sous le gel pourtant, la conscience demeure vivante : enfouie comme une graine, elle cherche déjà la lumière et les voies de sa libération.
1.
Loin du Jardin d’Eden,
Al Quds,Bethléem.
Au pays de l’hypocrisie,il est totalement interdit
de prendre parti.
Forcés d’être en faveuret de cautionner l’oppresseur.
Alors que depuis des décennies,nos frères et sœurs
endurent,dans le déni,
les infamies de l’envahisseur.
Va voir dans leur nidcomment les vipères des médias jouent avec vos peurs.
Mis à l’écart,difficile de renverser la vapeur.
Cette situation indigeste nous écœure.
Maudits.
Morféus !
Ici-bas,du Paradis,
cherche les clés
comme Cassius.
Loin d’être richescomme Crésus.
Reste détercomme Spartacus.
Déterminés,avance sur terre
en terrain miné.
Retourne ciel et terre,déterre avec l’éther
la hache de guerre.
Pilule rouge :concentré de vérité
qui te mène au Paradis.
À l’heure où le mensonge de l’Enfer me ment.
Et c’est immédiatementque le média te ment.
Système d’exploitation,plan de partition
et expropriation.
Il te met la pressionsi ta communication
concerne la question
de la colonisation
du sanctuaire de Sion.
Prédation.
Société cannibale :ils veulent que l’on se croque
à la Hannibal.
T’escroque,
te cravache comme un cheval.
Système pyramidal :pourquoi serais-tu en dessous ou au-dessus de moi,
alors que toi et moi,
on est déjà en haut de la chaîne alimentaire ?
Élément terre :
colonisés,
citoyens des Républiques bananières.
2.
Contraints à charbonner
en échange d’une monnaie
de singe.
Tous enchaînés,
tels des esclaves aveuglés,
par de très lourdes chaînes
à supporter.
Des balles de conscience dans le barillet.
Je presse,
sans sourciller,
la détente du canon scié
pour faire exploser ce système carnassier.
Salement anesthésiés,
la matrice tient à ne pas
nous éveiller.
Toi-même tu sais
que je dois dénoncer
ce que toi et moi on sait.
Tu sais que c'est
pas des rimes pour danser,
mais des rimes
pour qu'on sorte du songe.
Reçois le message
loin des mensonges.
Alliés aux anges
quand le halal et le haram
se mélangent.
C’est pour mon peuple éparpillé.
Si tu montes socialement,
descends à moins deux cents pieds.
Voir ce qu’il reste,ce qu’ils ont pillé.
Incessamment soumis aux contrôles de papiers.
Deux mille et plus,encore au CFA.
Ils te parlent de démocratie,mais c’est faux.
Sous couvert de fausses indépendances,présidents mis et maintenus en place :
facilite la gouvernance à distance.
En France,coupe les minima sociaux et nous crache en pleine face.
Lutte des classes.
Populace en souffrance.
Tiers monde,dis-moi :
comment t’envisages ta vie sans visa ?
Ex-colonies ?Grosse blague !
Pour l’économie,
ils n’ont jamais lâché le pouvoir, même si les colons nient !
Quand ça ne finance plus ni écoles,
ni routes,
ni hôpitaux,
et que les chefs d’État entassent les capitaux.
3.
Et c’est tout un pays qui capitule.
Ils ont beau souffler sur les braises du mensonge :
tôt ou tard,
les flammes de la vérité jaillissent,
l’équilibre opère.
C’est au plus profond de l’obscurité de la nuit que l’aube éclaire.
Tant que le tonnerre gronde, laisse-les tenter de nous couper les vivres,
nous mettre les bracelets,
et même tout éteindre.
Dieu est Grand,
et tu verras qu’on recréera le feu.
T’appelles ça une ville,
là où on vit ?
Marseille colonie.
Plutôt une terre d’asile !
Où les civils serviles
s’assurent que la masse paye
et que le pays tourne
comme un reptile.
À croire que c’est l’ère glaciaire : environnement hostile.
La masse est inondée de mâche,
comprends le manège.
Ouais,
chaque jour il neige.
Colonisés,
sectorisés,
comme tous ceux de ma sociale classe,
pris dans la course.
Mon Dieu,
Ton nom en grandes lettres sur mon dossard.
Oui monsieur,
je garde la foi en guise de sponsor.
Ma foi,
par méprise incomprise.
Je leur laisse leur Paradis artificiel,
leur néon.
Je prie chaque jour,
et sache que,
même dans l’obscurité,
le néant.
Panique pas,
pactise pas,
c’est de la lumière qu’on s’inspire.
Et tu le ressens
dans ce qu’on sort.
Entre le noir et le Nour,
on a toujours le choix.
Rap explore,
explose le score,
mais au secours !
Rien ne sert de gagner à la fin si, en chemin,
tu perds tes valeurs,
tes principes du début.
4.
Encore debout :
hip-hop notre sport.
Tant que l’on pratique et réchauffe tous ceux qui, officiellement,font face au regard froid des agents d’un système inhumain et glacial,
bestial !
Ouais,
animosité en costume trois-pièces.
Question de profit :ça piétine nature et traditions, comme une nouvelle coutume.
Depuis que la valeur des descendants d’Adamse pèse en argent.
Vénérés :dollars en posters.
Et de plus en plus de taulards,
d’hommes bloqués,comme sous terre.
Ceux qui sont enfermés
et ceux qui sont dans les tombes.Dans le froid et l’obscurité, jusqu’à en oublier sa propre étincelle.
Donc on prie le Tout-Puissant pour eux.Que l’éther leur vienne en aide !
Gloire à l’Éternel !
On naît et on reste coincés dans l’engrenage des différentes castes.
Observe le monde :un océan de vices.
Et comme Noé :sauve qui peut.
Lyricalement accoste une nouvelle Terre.
Retour aux racines,à nos traditions,
notre rap-diction.
Nouvelle ère :évolution,
révolution dans l’air.
Te libère de tes addictions.
En 4 saisons,en 4 saisons.
Monde à l’envers !
Viens voir ici :désespérer,
renoncer ne sont pas des options.
Action,libération de la colonisation
sous toutes ses formes.
Et dans le fond,toi-même tu sais que,
à la fin,
Seul Allah fait.
Printemps - Eau
Vent d’État Proxénète
Vent d’État Proxénète constitue le deuxième chapitre des 4 Saisons. Associé au Printemps et à l’élément Eau, le texte accompagne le réveil des consciences et interroge les mécanismes de pouvoir, de manipulation de l’histoire et de prédation institutionnelle. La vérité s’y infiltre goutte après goutte jusqu’à menacer les digues qui la contiennent.
1.
Après une longue nuit hivernale, beaucoup de mauvaises graines sont laissées pour mortes,
jusqu'à ce que,
le Tout-Puissant réanime.
Réalise qu’il suffit d’un orage
pour que le printemps rayonne sur nos vies,réchauffe les cœurs.
Fait pousser l’espoir.
En vrai,tout reste possible tant qu'on respire.
Encore une preuve de la pure puissance divine !
Tous semblables,mais pas identiques,
non.
Écoute et t’inquiète,simple créature.
Je ne te mélange pas,par respect du Créateur.
Et Sa signature,fait que t’es,
et que tu restes un être unique par nature.
Différent de celuiqui se place en ennemi.
Oui,différent de mes frères
comme de mon homonyme.
Analyse :plus le temps passe,
plus je réalise.
Plus je remerciepour chaque jour
où Tu me réanimes.
Merci au Tout-Puissant,Créateur de tout
et de tout être.
Certains persistent à appeler cela de la musique.
Pour nous,c'est juste un moyen d'expression parmi tant d'autres.
État cannibale,l’ambiance veut que l’on se croque à la Hannibal Lecter.
Pour que cesse la lecture.
Il t’escroque,
te cravache comme sa monture.
Tous formatés,prêts à écraser pour monter.
À petites doses,médiatisent leurs disquettes.
Télé réalité,télé allumée.
Le patron te menace jusque dans ton salon.Trop sale,
trop vaste est la propagande.
Laisse-les dans le sale.
2.
L'État-providence,
ils encensent.
Providentiel :notre espoir dans le ciel.
Sans le sous,les pieds au sol.
Et dans le soucid’augmenter nos hassanettes
avant de se retrouver au sous-sol.
Tant que notre boussolenous rapproche du Bien
et des gens biens,
et nous éloigne des arracheurs de biens.
Porteurs de mallettes
de ces États proxénètes.
Rien ne choque,tout paraît si propre,
si net.
Citoyen,il n’y a pas moyen
que je ne fasse pas étatdes agissements de cet État proxénète.
Dans cette planètecomme dans le méta,
l'État te rackette.
Et face à leurs écrans,les petits à cran
croquent des vérités crues, craquent et crient :
Vendetta.
Depuis le tempsque l’on attend
simplement
que la roue tourne,
pris dans la même galère.
À force de ramertout en tournant en rond,
les Toutânkhamons
font monter en nous le démon.
Contre ces racaillesqui tiennent le gouvernail.
Et où qu'on aille,Big Brother tisse sa toile.
Pendant longtemps,Babylone a régné.
Dans ce monde sans pitié,à l’heure où pour beaucoup de familles,
survivre est une performance.
On gagne,perd,
puis recommence.
La vérité est trop souvent falsifiée.
Nous devons l’enseigner, disposés à saigner.Enseignant
que chacun des héritiers Rainier a hérité d'une fortune injustifiée.
Pour toi,
je vais déclassifier le dossier,
juste pour clarifier
et décomplexifier.
3.
Délaisse tes complexes,
écoute ce texte.
Tu pourras pour toujourset à jamais t'y fier.
Maintenant qu'ils nous ont tous identifiés,avec un Keffieh,
nous voudraient crucifiés.
Rien ne choque,
tout paraît si propre,
si net.
Citoyen,
il n’y a pas moyen
que je ne fasse pas état
des agissements de cet État proxénète.
Dans cette planète
comme dans le méta,
l'État te rackette.
Et face à leurs écrans,
les petits à cran
croquent des vérités crues, craquent et crient :
Vendetta.
C’est clair,maintenant que savons tous,
tout s’éclaire.
La mafia étatiqueuse de l’intoxication cathodique pour éliminer la Trinité catholique.
À la Révolution,naît une nouvelle religion.
La Républiqueet son triptyque maçonnique.
Liberté,égalité,
et fraternité,
à la place du Père,du Fils et du Saint-Esprit.
Arracher le voilepour dénuder Marie
et mettre Marianne à poil
dans les mairies.
Pour comprendre,remonte le fil d’Ariane.
Les marchands bourgeoisqui voulaient le pouvoir du Roi.
Sans pitié,ont cassé les Tables de la Loi.
Ont même remplacé les Dix Commandementsà l'aide des droits de l’Homme et du Citoyen.
Ont abandonné des siècles d'enseignementsperpétués et retransmis par les doyens.
Rien ne choque,
tout paraît si propre,
si net.
Citoyen,
il n’y a pas moyen
que je ne fasse pas état
des agissements de cet État proxénète.
4.
Dans cette planète
comme dans le méta,
l'État te rackette.
Et face à leurs écrans,les petits à cran
croquent des vérités crues, craquent et crient :
Vendetta.
Pendant que nous sommes
figés dans le pétrin,cet État républicain
nous casse les reins.
Le Parrain des parrainsexerce le contrôle
sur les armes et l’alcool,
touche le pactole
grâce au tabac,
aux jeux,
amendes et pétrole.
Comme toute organisation mafieuse,l'État proxénète rackette ses gagneuses,
palpe la TVA sur toute caisse enregistreuse.
Vend des armes qui tuent des civils en série,au Mali,
au Yémen,
en Libye,
en Syrie.
L’État proxénète racketteet s’approprie
les ressources des pays qui lui sont soumis.
Pour ma part,un gérant tête de réseau est moins pourri
que le chef du gouvernement.
Dis-leurqu'un dealer
demeure
un enfant de chœur
face à tous les industriels de l’armement.
À tous les humains bombardés injustementpar des armes fabriquées
au pays des droits de l’Homme et du Citoyen.
Rien ne choque,tout paraît si propre,
si net.
Citoyen,il n’y a pas moyen
que je ne fasse pas état
des agissements de cet État proxénète.
Dans cette planètecomme dans le méta,
l'État te rackette.
Et face à leurs écrans,les petits à cran
croquent des vérités crues, craquent et crient :
Vendetta.
Été - Feu
De A à Z
De A à Z est le troisième chapitre des 4 Saisons. Porté par l’Été et l’élément Feu, le texte associe les vingt-six lettres de l’alphabet phonétique international à un compte à rebours allant de 26 à l’unité. Dans cette architecture sous tension, guerres, pouvoir, médias, fractures sociales et mémoire collective s’embrasent progressivement jusqu’à ramener le récit vers l’essentiel : la fraternité, la transmission et l’unité.
1.
Ce son est lourd
comme U-Y Scutti.
Alpha,pour le commencement
des libres penseurs.
Comme Al Fatihapour l’ouverture
du livre pansement,
de nos cœurs,
meurtris.
Bravo à toutes les victimesd’être restées dignes.
Question :Être ou ne pas être Charlie,
là n’est pas la question.
Indignation sélectiveet phobie collective.
Cristalliser la haine d’autruidans ce pays.
Appelle celale delta des attentats.
Ils ne sont que l'échoet la réplique
des guerres orchestrées
par les républiques.
Impliquant Foxtrot et US Navy.
Les commanditaires jouent au golf à vie.
Se prélassentdans des hôtels de passe.
Ils ont contaminé le monde entier avec avidité et cupidité,
ont exterminé les Iroquois de l’Indiana.
Les tribus n’ont pas senti le dangercomme Juliette en compagnie de Harvey.
Comme une mule chargéede quelques kilos de coca
à l’aéroport de Lima.
Demande à Mad Mikecomment on assassine en Afrique
ou à Mike Myers
comment on profane la Toussaint.
Le first novembertransformé avec Halloween
en véritable film d’horreur.
Autocélébration aux Oscars.
Artistes bistourisés
jusqu’à l’os car,
ils ont peur du temps qui passe comme de l’islamisation
mais n’évoquent jamais l’américanisation.
2.
Papa Noël
propulsé par Coca-Cola.
Le Québec ne fait pas le poids face aux USA.
Mourir par amour à la Roméo.
Comme Ché Guevarase réfugier dans la Sierra
pour ses idéaux.
On aimerait pouvoir danser un Tangoavec la justice,
et combattre ces soldats du vice.
Ces hommes en uniformesqui,
lorsqu’un homme hors norme
gêne leurs intérêts,
n’hésitent pas à l’empoisonner
ou à le faire assassiner.
Comme ils l’ont fait avec Victor Jara ou Victor Iouchtchenko.
On ne fait pas dans la guedro,le whiskey and co.
Tu peux passer ce texteaux X-ray,
tu n’y trouveras
que la vérité.
Ôter la vie à quelqu’un ?Pas dans notre nature d’Africains.
On n'est pas des Yankees,des gros ricains.
On est des Zoulous,c’est ça ou rien.
Millionnairescomme des princes saoudiens.
Pas de dollars,de yens ou de bitcoins.
Ce coup-ci,c’est en rime
que notre monnaie se compte.
Pas d’égotrip ou de frime,juste un paroxysme,
26,
la fin du décompte.
26 comme le nombre de cartouches de lettres dont on dispose pour construire ce morceau de saison de A à Z.
25 pour cent de parts,
vu que l’on est 4 sur le projet.
Équitable,
cartes sur table,
ouais c’est ça les hommes
et dans chaque Marseille zone c’est 24 sur 24 sous tension.
3.
Pression
d’un système
qui combine
inégalités,
inflation,
sale cocktail,
crée des Colombine.
Bye bye,23,
pète la matrice Fly.
Reste dans les airscomme le Jordan logo.
Fais nos bailsjusqu'à ce que,
22 v'la les bleus.
Et t'étonnes pas que,beaucoup tremblent.
Troublant,quand abus de pouvoir rime avec impunité.
Et ça où qu'on aillecogno.
21 heures,le soleil cogne encore.
La magie des saisons,
loin des chamans
et de leurs visions
face aux lumières télévisuelles.
Devant le 20 heures,des esprits s'éteignent.
Entre infos,fake news,
19 secondes sous apnée
face à des soupes médiatiques indigestes.
Vas-y,zappe-les,
évite d'être matrixé.
T'as beau appeler le 18 le 17,y a rien à faire.
En trop grand nombre sont les victimes de leur propagande.
16 mesures à la base.
Depuis nos 15 piges,R-A-P et de Babylone,
on dénonce les pièges.
Et comme en 14,
c'est la guerre de toutes parts mais sous une autre forme.
Et les dirigeants trinquent, prennent les paris
avec les grosses firmes.
Condamné d'office,
13 Marseille stigmatisés,
morts dans le film.
4.
Système infâme,
une pause,
un mois sur 12,
esclavage déguisé,
violence attisée.
Dès nos 11 ans,le tri est scolarisé.
Et dire qu'au début,
on rêvait d'être numéro 10 comme Zizou,
des buts,
reprise de volée,
ciseaux,
poteau rentrant.
9 heures du mat,en after face au physio
à se tuer aux ballons,
sale bilan
quand on fait le compte des potos qui rentrent,
peu s'en sortent.
Crée d'autres portes de sortie, sur de drôles de terrains,à faire les 3 à 8 au hazy.
Les réseaux fleurissent, charbonnent 7 sur 7,et c'est toute une jeunesse qu'on crame.
Et le triple 6 s'extasie,depuis que ça te livre en 5-5,
ici c'est sec-sec.
Par manque de liquide,ça te liquide en 4x4 sous liqueur.
Les dirigeants survolent le carnage.
T'inquiète on prend de l'âge, capte le manège,365 fais le tour.
3 options :l'état fait le sourd,
l'aveugle,
le muet.
Lentement,ouais,
ou en 2-2,
chaque jour on fait de notre mieux.
Loin des pactes,des sombres confréries,
cartels ou du milieu.
Marche avec deux,quatre,
six frères,
1 seul Dieu.
Automne - Vent
Écoute Fils Épistaxis
Écoute Fils Épistaxis est le quatrième chapitre des 4 Saisons. Associé à l’Automne et à l’élément Vent, le texte ralentit le cycle et transforme la parole en transmission. D’une génération à l’autre circulent conseils, mises en garde, foi, mémoire et héritage, comme autant de repères laissés à ceux qui devront poursuivre le chemin. Après avoir observé et dénoncé le monde, il s’agit désormais d’apprendre à ne pas s’y perdre. Le Vent emporte alors la parole du père vers ses enfants : un souffle transmis avant que les feuilles ne tombent et que le cycle n’entre dans l’Éther.
1.
Écoute fils.
Babylone fait serrer,
y a trop de vice.
Fils à toi de desserrer
l'étau d’Ibliss.Un jour Mojo m'a dit
que les taudis blessent.
Écoute fils,je ne vais pas y aller
par quatre chemins.
Ne fais pas le malinau milieu des requins.
Ces démonsne sont animés
que par la faim.
Et du monde,ne vont provoquer
que la fin.
Ils vont s’entredévorer,ça j'en suis certain.
Leurs instincts sont basiques, prédateurs en rut.
C'est de la bassesseincarnée à l'état brut.
Quand Satan et tous ses acolytes recrutent,positionne-toi bien en retrait
et scrute,
tous les boniments proférés
par El Krief Ruth.
Écoute fils,sache que,
pour toi,
j’écris avec de l’encre forcément indélébile.
Sois volubile,mais évite les débiles.
Demain,tu ne dois pas le tracer à la craie,
autrement tu risquerais
d’être au cœur des cris.
Mis en cage,comme un singe cadenassé.
Regarde nos sœurs,grugées ont fait des ménages, elles lavaient du linge,
ont fini harassées.
Regarde nos peurs,manuscrit qui déménage
pour des méninges,
très fortement encrassés.
Ici j’exhumepour toi un antique thème.
Car tu sais que pour faire face à ce système,
ici les gens s'enfument
avec la résine.
De l'euphorie
jusqu'à la ruine du spleen.
Épistaxis,
quand ils hument la cocaïne.
Écoute fils,au cas où tu ne serais pas au courant,
il va te falloir nager à contre-courant.
Alors ouvre dans tes mains un noble Coran.Recherche-y quelques versets pour te redresser et éclairer tes choix dans ce monde inversé.
Avec ma voix,
je t’oriente sur la voie
et mène tes pas
sur le chemin des gens droits.
2.
Prête attention à te remettre à l'endroit.
Surtout garde la forceet protège la Foi
des anciens passés ici-bas
avant toi.
Écoute fils,sache bien que le crime ne paie pas.
Sheïtan te menace,faut que tu sois tenace
et que tu fasses face
aux rapaces voraces.
Seule la vertupeut te sauver de la rue.
Étudie bien,élève-toi
et lève-toi
pour la justiceet pour te battre contre Ibliss.
Écoute fils.Babylone fait serrer,
y a trop de vice.
Fils à toi de desserrer
l'étau d’Ibliss.
Un jour Mojo m'a dit
que les taudis blessent.
Quoi que ton équipe fasse,évite la fausse.
Prends du recul,esquive tout ce qui te pousse à la faute.
Efrit,comme la plupart,
bien ou mal,à toi de voir au fait.
Chacun sa vision du monde,sa version des faits.
Ma petite,vu que je t’aime autant que tes frères.
Allez optimise,longtemps que je mise
tout sur le Très-Haut,
veille sur vous sous le préau.
Jusqu'à l'année d'après,et après,
ainsi de suite.
Génération,tu connais,
tout va vite-vite.
Du coup ça veut toutet tout de suite.
Comportement prévisible comme les automates.
Fortement formatés,rêvent de suites luxueuses.
Le monde est à moicomme dans la verse-meta.
Monde à l'envers,regarde les uns se régalent ;
les autres en galère
ne cherchent plus à graille
ou de l'eau
mais des lourds métaux.
Fini l'été,
finie la fête,
hein.
L'automne pose son manteau gris.
Gros,
Paris,
Berlin,
London.
3.
Tu connais le jeu de l'État.
Simple,
reprendre ce que l'on donne.
Sonne,
sonne la rentrée.
Le système repart de plus belle.
Caméra,reconnaissance faciale ciblée.
Visible malgré tes gris-gris.Thug life.
Alimente leur game.
J'apaise le cœur en accordsur une autre gamme.
Prêt ou pas,je prie,
appuie sur pause.
Pèse le pour le contreavant mes agissements.
C'est soit ça, soit je glisse,man.
Apprécie
quand tête baissée tu fonces.
Aussi rare que précieux,l’ami fronce les sourcils,
te chouffe de travers,
mine serrée quand t'agis mal.
Alors que les autres potos s'agitent,films,
photos,
t'encouragent.
Ouais l'impact de l'entouragesur nos routes.
Écoute fils,arrête tout.
La rue,la street,
une roulette russe.
Et vu que rien n’est gratis,si c'est pas toi,
dis-toi bien que c'est papa qui va khalaçe.
17 heureset déjà le ciel s'obscurcit.
Drogue,récréation,
encore un corps,
une création
entourée à la craie.
Observe les aversessur les joues des mères.
Au secours,ce coup-ci,
oui,
fils,
écoute.
Que tu te la jouesou que tu veuilles jouer,
cherche une autre cour.
Écoute fils.
Babylone fait serrer,
Y a trop de vice.
Fils à toi de desserrer
L'étau d’Ibliss.
Un jour Mojo m'a dit
Que les taudis blessent.
Le génie du mal vise
que tu périsses.
Cherche à danser un Tango avec la justice
et à bien combattre tous ces soldats du vice.
4.
Bannis contentieux
et comptes en Suisse.
Tu sais bien que la matriceet ses complices
aimeraient bien te croquer
et t’escroquer.
Le lapidéaimerait sympathiser.
Le mauditvoudrait t’inviter à teaser.
Tel un nuisiblequ'on veut dératiser,
aies la hantise
des flammes attisées.
Tes bêtises,il veut dédramatiser.
Luciferveut ton âme hypnotisée.
Le génieconvoite de te courtiser.
Mes écrits,il te faut les synthétiser.
Pour y arriver,ne jamais pactiser,
autrement,
tu finiras traumatisé.
Écoute fils,au cœur
de la rectitude de ton cœur,
fais fuir la peur
de ton for intérieur.
De cette lumière,sois le détenteur.
Étudie Al Ghazali,le défenseur,
auteur
de la délivrance de l'erreur.
Trouve la probité de la vérité.
Avec célérité et dextérité,je partage avec pleine sincérité
un témoignage pour la postérité.Une pensée pleine de lucidité sur les vautours
embusqués aux alentours
qui contrôlent le monde
qui nous entoure.
Ces rapaces qui poussent
nos jeunes pousses
à perpétrer des détours
autour des tours.
À n'entrevoir de la vie
que les contours.
Mieux vaut que tu écrèmes
ton entourage.
Tu sais bien
que ce sont les chiens
qui ont la rage.
Il est justement question
de courage.
Un lion valeureux
ne prend pas ombrage.
Prends tout ton héritageet lave l'outrage.
Écoute fils.
Babylone fait serrer,y a trop de vice.
Fils à toi de desserrer
l'étau d’Ibliss.Un jour Mojo m'a dit
Que les taudis blessent.

